Sur un air de Deat Meat, Sean Lennon ( ♪ )____________Nadège Dussy. 19 ans.
Petite s½ur de Lune.
____________Lune ? Lune c'était un grand éclat de rire, un sourire émerveillé, un regard enfantin sur la vie, une grâce naturelle et fraiche. Lune, c'était la perfection à tout juste 20 ans.
On ne se voyait plus beaucoup depuis qu'elle avait été acceptée aux Beaux Arts de Paris. Pourtant on gardait contact. Au moins 4 appels par jour. Pour, dans la plupart des cas, se dire des débilités affligeantes.
« Je pense fort à Toi, y'a Liberta de Pep's qui passe sur Virgin. Tu écoutes Virgin parfois ?
- Non, je n'ai pas le temps, mais c'est gentil de penser à moi.
- C'est essentiel surtout, bon je te laisses Petite S½ur, tu me manques, je t'aime ! »
____________Oui, des conversations peu intéressantes, mais importantes pour notre moral. C'est vrai que l'on se manquait énormément. Je me souviens encore sa tête lorsqu'elle avait ouvert l'enveloppe renfermant son acceptation.
« Bon allez ! Au lieu de te ronger les ongles, ouvres moi ça, qu'on en finisse !
- Mais j'ai peur...
- Et tu crois que c'est en t'arrachant les griffes et en vidant la brique de jus d'orange que ça s'arrangera ? Je l'ouvre si tu veux.
- Non ! Je vais le faire... »
____________Au fond j'avais l'espoir secret que cet Etablissement l'ai recalée. Bien sur elle aurait été très triste, parce qu'il faut l'avouer : Lune avait beaucoup de talent pour la photographie et la peinture. Mais au moins elle serait restée près de moi. Oui, je sais, c'est très égoïste, mais elle c'était moi, et j'étais elle.
« Alors ? Dis moi au lieu de me regarder avec cet air de chien battu !
- Mademoiselle, nous avons bien reçu...
- Lune ! Dépêche toi, où je risque de faire un malaise !
- Suite à notre entretien, blablabla, votre talent, blablabla, la joie de vous annoncer que votre candidature à été retenue pour blablabla »
____________Elle me sautait dans les bras, à moins que ça ne soit moi ? Elle laissait exploser sa joie en mouillant ses jolis yeux gris, tandis que je pleurais aussi ne sachant si j'exprimais ma joie ou ma tristesse. Un mélange des deux je suppose.
____________Le résultat de cette acceptation fit prendre à notre vie une avance considérable. Tout se passa très rapidement. Trop rapidement. Ses recherches afin de trouver un appartement pas trop couteux dans l'arrondissement de l'école, ses démarches de régularisation d'inscription, nos courses folles dans le Metro dans le but de s'habituer à la ligne à emprunter, ses C.V. déposés dans divers établissements pour trouver un job d'étudiante, les fêtes organisées dans ce Paris huppé, puis sa rentrée, notre séparation. Ce fut très difficile. Bien sur j'aurai pu emménager avec elle, je me serais inscrite à la Faculté de Psychologie du XVème arrondissement, et j'aurai continué la préparation de mon concours d'Educatrice Spécialisée, tout en restant son ombre, comme elle était la mienne. Mais j'avais vu dans son regard ce besoin de s'éloigner de Nancy, de conquérir la Capitale, de réaliser ses rêves, de se détacher. Elle ne m'avait rien demandé, mais j'avais cédé pour Elle. Je restais étudier à Nancy. Chacune de son côté, mais toujours présente pour l'autre, « Side to Side with you »